Les oiseaux sont (de plus en plus) des hôtes incontournables de nos jardins. Ils y sont d’ailleurs très utiles de par leur propension à se nourrir des insectes les plus nuisibles. Pour autant, ils peuvent aussi s’avérer à leur tour indésirables. Comment gérer cet antagonisme et ce rapport bénéfice/risque ?

Les oiseaux du potager : amis ou ennemis du jardinier ?

Nos oiseaux sont bien évidemment les amis, les alliés même des jardiniers, tant ils sont utiles pour éliminer les insectes les plus indésirables. Cependant, ces mêmes jardiniers maudissent souvent certains autres oiseaux qui fondent dans les semis ou sur le cerisier qui croule sous les fruits.


Les bénéfices de la présence des oiseaux dans un potager

Les oiseaux jouent un rôle prépondérant dans le maintien de la biodiversité, et d’un écosystème équilibré. Tout simplement en réduisant la pullulation d’insectes nuisibles.

Petit oiseau qui se pose dans le jardin près du potager

En effet, la plupart des oiseaux rencontrés ont un régime insectivore, ou l’adoptent le temps de nourrir leurs petits au printemps au moment des nichées.

Ainsi, les mésanges, le verdier d’Europe, la sitelle torchepot, les hirondelles, le rouge-gorge, le pinson des arbres… sont de fiers auxiliaires des jardiniers dans le sens où ils mettent à leur menu des larves de chenilles, des pucerons, des cochenilles, des doryphores, des limaces et escargots, des insectes ravageurs comme les cloportes ou les altises

OIseau se nourrit d'un insecte

Ils jouent aussi un rôle non négligeable pour la pollinisation. Par exemple en mangeant des baies dont ils disséminent des graines dans leurs déjections, souvent loin de l’arbuste d’origine. D’autres comme le geai des chênes se nourrissent de glands dont il fait des provisions pour l’hiver en les enterrant dans le sol. Certains glands germent…

D’autres comme le pivert ou le grand pic sont indirectement utiles dans le sens où ils creusent des cavités à la recherche d’insectes ou de larves xylophages. Ces cavités peuvent être utilisées comme refuges par les chauves-souris ou d’autres passereaux comme les gobe-mouches.

Grand pic tacheté sur un arbre à la recherche de nourriture.
Grand pic tacheté sur un arbre à la recherche de nourriture.

D’autres limitent l’invasion de végétaux considérés comme de mauvaises herbes. En particulier, le chardonneret qui adore les graines de chardon, ou le verdier qui apprécie les graines de pissenlit ou d’onagre.

Verdiers
Verdiers

Les risques potentiels associés à la présence des oiseaux

Parfois, certains des oiseaux peuvent aussi causer des dégâts plus ou moins importants. Entre autres dans les semis.

Tous les jardiniers redoutent les nuées de moineaux qui fondent sur les planches où ont été semés carottes, salades ou épinards. Sans oublier les pigeons ramiers ou les tourterelles turques.

Oiseaux dans le cerisier du jardin

D’autres oiseaux sont plus attirés par les fruits bien mûrs dont ils font leur repas juste avant la récolte.

Enfin, la plupart de ces oiseaux au régime insectivore ne font guère faire de différence entre larves de hanneton, et les coccinelles, chrysopes ou syrphes, ces insectes grandement utiles au potager en tant que prédateurs.

Comment gérer le rapport bénéfice/risque?

La faune avienne est nombreuse et variée dans nos jardins où ils trouvent le gîte et le couvert. Mais cette présence recèle tant des avantages (nombreux) que des inconvénients (moins nombreux). Comment gérer cette cohabitation ?


Les stratégies pour maximiser les bénéfices à avoir des oiseaux dans son jardin

Pour attirer les oiseaux mangeurs d’insectes nuisibles, on peut déployer différents moyens. Et même s’ils mangent quelques insectes auxiliaires, le bénéfice reste largement favorable.

Ainsi, il est primordial de (re)constituer des haies libres, fruitières et gourmandes, parfois défensives, où les oiseaux trouvent le couvert avec les baies, le gîte pour installer leur nid, et éventuellement un refuge contre les prédateurs

Il est aussi intéressant de planter des végétaux mellifères qui attirent les insectes de toutes sortes afin de nourrir ces mêmes oiseaux. À proximité, proposez aussi aux oiseaux des points d’eau pour s’abreuver surtout en période caniculaire

Enfin, l’installation de nichoirs variés est très positif. Il est possible d’en poser aux quatre coins du jardin en variant les modèles et la taille des trous d’envol.

En hiver, il est important de nourrir les oiseaux fragilisés par le froid. Ils prendront l’habitude de fréquenter votre jardin et y resteront au printemps. Peut-être y nicheront-ils? L’essentiel est de créer un jardin favorable aux oiseaux.


Les techniques pour minimiser les risques

Ce sont souvent les oiseaux les plus gros qui font les plus importants ravages au jardin. Ces oiseaux se nourrissent principalement au sol, ils sont plus granivores qu’insectivores mais ne dédaignent pas une belle cerise bien rouge. Quelques moyens peuvent être déployés pour se préserver de ces oiseaux :

Filet anti-oiseaux

  • Les filets de protection à poser au sol sont assez efficaces. Il est préférable de les choisir à mailles fines pour éviter que les oiseaux s’y trouvent coincer. Mieux encore sont les tunnels de protection, à faire soi-même avec quelques arceaux (de simples tubes PVC suffisamment souples) et un filet
  • Le fait de tendre des fils, liés à des piquets à hauteur d’homme ou au ras de semis, au-dessus des semis est assez efficace, surtout si vous utilisez du ruban brillant destiné aux cadeaux
  • Les effaroucheurs en forme de chat ou de rapaces, les épouvantails, les objets brillants (CD, papier alu, sacs plastique) fonctionnent un temps mais les oiseaux s’y habituent vite. Peut-être juste le temps de récolter les cerises ou que vos graines germent!

Cas particuliers : quelques espèces d’oiseaux et comment les gérer

Les oiseaux, bons ou mauvais, sont essentiels dans la nature, au maintien de la biodiversité et à l’équilibre de la chaîne alimentaire, car tous ont leur rôle à jouer.


Les oiseaux alliés du potager et comment les attirer ?

Rouge-gorge, mésanges bleues, charbonnières, noires, huppées…, pinson des arbres, hirondelles…tous sont utiles au jardin en se nourrissant ou en nourrissant leurs poussins de larves, d’insectes, de pucerons…Pour les attirer, il suffit de :

Mésange bleue se nourrit dans une mangeoire pour oiseaux
Mésange bleue se nourrit dans une mangeoire pour oiseaux
  • Planter des arbres, des arbustes, des haies d’espèces différentes, des plantes indigènes, des vivaces mellifères
  • Jardiner au naturel en bannissant les produits phytosanitaires
  • Installer des nichoirs adaptés à chaque espèce, pour les mésanges, pour les troglodytes mignons, pour les roitelets, pour les martinets et hirondelles, pour les rouges-gorges…
  • Nourrir les oiseaux en hiver, par exemple avec des graines de tournesol qui plaisent à tous
  • Poser un abreuvoir à oiseaux
  • Laisser à disposition un peu de terre glaise (pour les hirondelles et martinets) ou les poils de vos animaux de chat et chien (pour les nids)
  • Garder les souches, les tas de branches et les trous qui servent de nids ou de réservoir à insectes

Les oiseaux potentiellement nuisibles : comment les dissuader ?

Pigeons ramiers
Pigeons ramiers

Très beaux mais 100 % nuisibles, les pigeons ramiers et les tourterelles turques dévastent souvent les semis. Ils leur arrivent même de manger les salades.

Les effaroucheurs animaliers ou sonores sont efficaces à condition de souvent les changer de place.

Ces solutions sont également efficaces contre les pies et les étourneaux sansonnets qui se régalent des fruits. Mais la meilleure solution reste le filet anti-oiseaux.

Au-delà de leurs chants enchanteurs, les oiseaux sont essentiels à l’équilibre du jardin et de la nature en général. En cultivant la diversité des espèces dans votre jardin, vous êtes assuré de créer un environnement favorable à leur venue et à leur installation.

Rouge-gorge prend un bain rafraîchissant dans un point d'eau du jardin
Rouge-gorge prend un bain rafraîchissant dans un point d’eau du jardin

Et si cette communauté avienne recèle des membres plus gênants que d’autres, peut-être faut-il simplement accepter cette cohabitation ? Les petits désagréments provoqués par les merles sont largement compensés par le bénéfice que le jardinier que vous êtes en retire.