Si le Geai des chênes était autrefois classé parmi les animaux nuisibles, il ne l’est plus depuis l’annulation de ce classement par le Conseil d’État en 2014. Utile à la biodiversité et aujourd’hui protégé, voici pourquoi le Geai des chênes n’est pas un oiseau nuisible.

Le Geai des chênes, un oiseau qui contribue à l’écosystème forestier

La réputation de nuisible du Geai des chênes lui vient de sa tendance à se servir dans les plantations de maïs, ainsi que dans les nids des petits passereaux.

Le Geai des chênes est un corvidé de taille moyenne

Une réputation qui n’a aujourd’hui plus lieu d’être, le concept de nuisible n’ayant aucun sens en biologie, puisque toutes les espèces jouent un rôle utile dans les écosystèmes. De fait, le Geai des chênes participe simultanément à la régulation des populations d’oiseaux et à la régénération des forêts.

En effet, en prévision de l’hiver, ce corvidé stocke des graines (et notamment des glands) qu’il enfouit sous les litières de feuilles mortes et sous la mousse.

Incapable de consommer toutes ses réserves, certaines de ces graines délaissées finissent par germer et donner naissance à de nouvelles plantes.

On estime d’ailleurs que le Geai des chênes a en grande partie permis la colonisation du plateau calaisien par les chênes à la fin du Néolithique.

À savoir : ce corvidé s’attaque beaucoup moins aux nids des passereaux dans les forêts les plus épaisses et fermées. De fait, moins les espaces forestiers sont morcelés et plus les forêts sont denses, riches et diversifiées, plus de Geai des chênes perd son comportement prédateur. Or, il est bon de rappeler que la dégradation des milieux forestiers est en lien direct avec l’activité humaine.

Le portrait du Geai des chênes

Comme la corneille ou le Choucas des Tours, le Geai des chênes est un corvidé de taille moyenne qui se distingue des autres oiseaux de cette famille par un plumage coloré.

huppe érectile du geai des chênes

On le reconnaît notamment à sa huppe érectile et à la bande noire qui prolonge son bec et souligne son œil à l’iris blanc bleuté.

Les plumes de la tête sont finement striées de noir et de blanc. Le corps présente une couleur brun rosé sur le dessus, un peu plus claire sur le dessous, et blanche au niveau du croupion et du bas-ventre. La queue du geai des chênes est noire, tandis que les rémiges primaires de ses ailes sont bleu vif et noires.

Notez qu’il n’existe pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce, les mâles et les femelles étant dotés des mêmes caractéristiques physiques.


Comportement

Craintif et prudent, on entend le Geai des chênes plus qu’on ne le voit. Son chant se compose de cris rauques et stridents typiques des corvidés. Il est également capable d’imiter le cri de rapaces, afin de tromper ses prédateurs et notamment l’autour des palombes.

La réputation de nuisible du Geai des chênes

Monogame, ce corvidé fait étal de la richesse de son répertoire vocal durant la période de reproduction en fin d’hiver.


Habitat

Le geai des chênes est un oiseau forestier, particulièrement durant la période de reproduction. Il occupe alors principalement les forêts de feuillus, chênaie-charmaie et hêtraie, bien qu’on le rencontre aussi dans les forêts mixtes ou dans les forêts de conifères.

Habitat du geai des chênes

En-dehors de la période de reproduction, il peut s’adapter aux milieux semi-ouverts (parcs, bosquets, jardins, bocages, vergers, zones agricoles…).

Alimentation

Le Geai des chênes est un oiseau omnivore, mais il est particulièrement friand de glands qui constituent environ 50 % de son alimentation estivale. Cet appétit est d’ailleurs à l’origine de son nom.

À l’automne, le passereau constitue des réserves de graines de céréales. Grâce à sa mémoire visuelle caractéristique des corvidés, le Geai des chênes est parfaitement capable de retrouver ses réserves, même lorsqu’elles sont cachées par la neige.