Véritable cauchemar des jardiniers, le mildiou est une maladie très courante dans un potager. S’il touche principalement les pommes de terre et les tomates, il peut aussi se propager sur d’autres légumes, la vigne, voire certaines plantes d’ornement.

Car cette maladie est causée par un champignon dont il existe plusieurs souches. Pour autant, le mildiou n’est pas une fatalité et, avec quelques bons gestes et une bonne connaissance des causes, on parvient à lutter contre sa prolifération.

C’est quoi le mildiou?

Tout jardinier, amateur ou plus aguerri, connaît le mildiou et surtout les conséquences qu’il peut avoir sur la culture de ses fruits et légumes.

Un parasite proche du champignon

Le mildiou est une maladie cryptogamique, c’est-à-dire provoquée par un oomycète, un parasite microscopique spécifique à la plante hôte, longtemps considéré comme un champignon avec qui il partage nombre de caractéristiques.

Le mildiou, maladie cryptogamiqueAinsi, différents genres de parasites peuvent provoquer le mildiou tels que les phytophthora, le peronospora, le plasmopara , le bremia…

Le mildiou touche principalement les solanacées, à savoir la pomme de terre, la tomate, l’aubergine, le poivron et le piment, mais aussi d’autres légumes issus d’autres familles comme l’épinard, l’oignon, la laitue, la courge, la mâche, le poireau

Il se peut même que le mildiou s’attaque à des plantes d’ornement telles que les rosiers, les pois de senteur, les giroflées, l’hellebore…

C’est aussi une des principales maladies de la vigne où le mildiou peut faire des ravages considérables.

Une longue histoire

Certainement arrivé en Europe au milieu du XIXe siècle, le mildiou serait originaire d’Amérique du sud.

mildiou sur le troncEntre 1845 et 1852, il détruit la totalité des cultures de pommes de terre en Irlande, provoquant une famine d’une ampleur terrifiante.

Cette maladie fit un million de morts et obligea un million et demi d’Irlandais à quitter leur pays.

Vraisemblablement transporté dans les cales des navires venus d’Amérique du nord, le phytophthora infestans profita d’un été particulièrement humide pour se développer.

Comme les paysans de l’époque se nourrissaient presque exclusivement de pommes de terre, les conséquences furent effrayantes.


Les causes du mildiou

Si le mildiou est provoqué par un parasite, son développement est favorisé par d’autres facteurs. Et en particulier des conditions météorologiques précises.

La combinaison d’une humidité élevée et de températures oscillant entre 17 et 25 ° augmente la malchance de voir apparaître le mildiou.

Ainsi, l’alternance de chaleur et de pluies orageuses est idéale pour le mildiou qui se développe principalement à la fin du printemps, d’avril à juin, et en automne.

mildiou sur un plant de tomates

En France, les conditions climatiques sont du pain béni pour le mildiou. En revanche, les années de sécheresse, il est totalement inexistant.

Concrètement, la maladie se propage par les spores produits sous les feuilles des végétaux par les différents parasites.

Ces mêmes spores sont disséminés par le vent et la pluie et peuvent survivre de longues années dans le sol ou sur des restes de plantes mortes.

Le mildiou survit aussi au froid et peut ainsi contaminer de nouveaux légumes l’année suivante.


Comment reconnaître le mildiou ?

Lorsqu’il touche une plante, le mildiou est assez facile à repérer et à reconnaître. D’une façon générale, les symptômes sont les mêmes, quels que soient les légumes touchés.

Le mildiou s’attaque à toutes les parties de la plante :

  • La face supérieure des feuilles se couvre de tâches claires, oscillant entre le blanc jaunâtre et le brun-vert. Ces tâches ont une apparence huileuse. Elles commencent par s’attaquer aux bords des feuilles, les zones tâchées se nécrosent et les feuilles finissent par complètement s’assécher.
  • La face inférieure des feuilles est recouverte d’un duvet blanchâtre et poudreux, surtout par temps humide ou le matin quand la rosée se dépose. Il s’agit en fait des spores du parasite, semblables à ceux d’un champignon.
  • Les tiges laissent apparaître des tâches brunes.
  • Les fruits comme la tomate sont parcellées de tâches sombres, boursouflées. Ils ne mûrissent pas et finissent par pourrir.
  • Les tubercules des pommes de terre peuvent également être touchés.

Comment traiter le mildiou naturellement?

Pour combattre le mildiou, il existe plusieurs traitements curatifs, plus ou moins efficaces suivant l’ampleur des dégâts.

Le premier geste consiste à éliminer drastiquement toutes les parties végétales touchées par le mildiou.

La meilleure façon d’éliminer les spores coupables de la propagation reste le feu. Donc, n’hésitez pas à brûler au fur et à mesure les feuilles, tiges ou fruits malades.

Deux remèdes naturels peuvent être utilisés pour lutter contre le mildiou :

La bouillie bordelaise avec parcimonie

éliminer le mildiou sur les tomatesLes produits à base de cuivre sont reconnus comme étant efficaces contre le mildiou. La bouillie bordelaise se veut un mélange de couleur bleue qui contient de l’eau, du sulfate de cuivre et de la chaux.

Il suffit de la pulvériser sur les plantes malades tous les 15 jours, en recommençant l’opération 2 à 3 fois. La bouillie bordelaise limite la propagation des spores et peut donc s’avérer efficace.

Pour autant, il faut éviter de la pulvériser sur les fruits afin d’en préserver la saveur, et au pire, éviter une intoxication.

De plus, le recours à la bouillie bordelaise ne doit pas être systématique. En effet, le cuivre, un métal lourd, qu’elle contient, a tendance à rester dans le sol.

Cette accumulation peut être toxique, à long terme, pour certains micro-organismes, mais aussi pour les animaux et les insectes utiles au jardin.

Le bicarbonate de soude

Le bicarbonate de soude est un produit 100 % naturel qui a le pouvoir de neutraliser l’acidité du milieu dans lequel on le met.

Or, le mildiou aurait besoin d’une certaine acidité pour se développer, acidité que le bicarbonate de soude modifie.

traiter le mildiou naturellement

Concrètement, il suffit de diluer 5 g de bicarbonate de soude dans un litre d’eau et on pulvérise.

Pour faciliter la fixation de ce mélange sur les feuilles, on peut ajouter un peu de savon noir qui a un effet mouillant.

Préventivement, on applique ce traitement tous les 15 jours, plutôt après une pluie. Veillez toutefois à supprimer les feuilles malades avant d’appliquer le bicarbonate de soude.


Les solutions préventives pour éviter le mildiou

Il faut mieux prévenir que guérir. L’adage est valable aussi en termes de jardinage. Car il est souvent plus facile d’appliquer des solutions de prévention que de traiter. Et ces solutions sont souvent issues du simple bon sens !

  • On aère : en plantant ou en semant espacé, on limite les risques de propagation du mildiou qui est particulièrement volatile. Les spores voyagent facilement donc en plantant moins serré, on limite les risques. De la même façon, pensez à aérer les abris, tunnels et autres serres.
  • On diversifie : certaines variétés de légumes sont moins sensibles au mildiou que d’autres donc en variant les espèces, on établit une sélection naturelle. Pour autant, les parasites responsables du mildiou ont des grandes capacités d’adaptation et évoluent continuellement.
  • On applique la rotation des cultures : pour certains végétaux, et en particulier les pommes de terre, les spores se fixent sur les tubercules et peuvent ainsi rester dans le terre. En replantant l’année suivante le légume infesté au même endroit, le mildiou s’y développera de nouveau. En appliquant la rotation des cultures, c’est-à-dire, en ne replantant pas au même endroit les mêmes espèces de plantes, on diminue les risques de contamination.
  • On évite le surplus d’humidité : pour commencer, on arrose le matin plutôt que le soir afin d’éviter le surcroît d’humidité. Ensuite, on garde le feuillage sec en arrosant au pied. Enfin, on évite de planter certains légumes sensibles comme les tomates dans un endroit humide. On peut donc les abriter un peu de la pluie.
  • On évite certaines associations : les tomates et les pommes de terre, mais aussi les cucurbitacées, les poivrons ou les aubergines étant sensibles au mildiou, on évite de les planter les uns à côté des autres. Ils pourraient se contaminer mutuellement.
  • On applique des traitements naturels préventifs : Le purin d’ortie va être très efficace en prévention car il stimule les défenses immunitaires de la plante. On peut le pulvériser 2 à 3 fois par mois, dilué à 5 %. On peut aussi l’appliquer lors des arrosages, dilué à 10 %. Pour renforcer l’action bénéfique, il est également possible d’enterrer des orties lors de la plantation des tomates, aubergines, choux…En revanche, la décoction de purin est à utiliser en curatif.

D’autres purins peuvent également s’avérer intéressants pour prévenir le mildiou : le purin de prêle pour son taux de silice, le purin de fougère pour ses propriétés antifongiques, le purin de consoude.

Lors des pulvérisations, tous ces purins peuvent être additionnés d’un peu de savon noir afin de les « fixer » sur les feuilles.