Vous trouverez dans le commerce des kits d’analyse de sols sous diverses formes. Mais l’observation des plantes est bien plus enrichissante, en plus d’être gratuite. Certaines plantes sont en effet des témoins de la santé de vos sols.

Belles en dormance


La loterie naturelle

Dans la nature comme au jardin, chaque sol renferme de nombreuses graines en dormance (semées ou non par l’Homme).

Mais ces graines ne vont pas toutes germer : les bonnes conditions pour la survie de telle ou telle plante sont rarement toutes réunies en même temps.

Après fécondation de l’ovule par le pollen, la graine d’une plante se forme et entre immédiatement en dormance.

Elle bloque sa germination en attendant que les conditions soient au vert pour sa « levée de dormance » et avoir toutes les chances de survivre.


Les bonnes conditions

Température, humidité, pH du sol, aération, nutriments : certaines graines germeront après quelques jours ou quelques mois, voire des années, ou… jamais.

Pissenlit dans le jardin

De fait, si un pissenlit pousse quelque part, c’est que les bonnes conditions étaient réunies pour lui dans le sol où se trouvait sa graine.

En connaissant les besoins de chaque plante, on peut donc en déduire la qualité d’un sol !

Les plantes invasives : un signal d’alarme

Dans la nature, il n’y a pas de bonne ou mauvaise plante. Le concept de « mauvaise herbe » est propre au jardinier qui protège ses semis des espèces non désirées pouvant affaiblir ses cultures (ou être inesthétiques).

Mais lorsqu’une plante indésirable commence à prendre beaucoup d’espace (avec un grand coefficient de recouvrement) elle peut signaler un problème.

Elle révélera une acidification du sol, un engorgement en période pluvieuse, un manque d’oxygène, la présence de polluants, un excès de matières organiques… Ne tombez pas dans la paranoïa, la présence de quelques adventices n’a rien de problématique.

Mais être attentif à leur apparition et à leur développement, s’avère riche d’enseignement.

L’inventaire des plantes bio-indicatrices

Il vous faudra en premier lieu dresser un inventaire des espèces sauvages présentes dans votre jardin ou votre potager, puis en évaluer la densité (Évitez cette analyse en hiver où les plantes sont moins faciles à identifier).

Pourpier potager (Portulaca oleracea)

Si à un endroit de vos sols, plusieurs espèces indiquent la même problématique (par exemple un manque d’oxygène), il vous faudra agir.

Seule une encyclopédie des plantes pourra dresser une liste exhaustive des plantes bio-indicatrices, et une bonne méthodologie vous indiquer les actions à suivre pour rééquilibrer vos sols.

Quelques exemples d’indicateurs donnés par les plantes :

  • Le chiendent : signale une fatigue du sol par labours excessifs et la présente de nitrate ou de potasse en excès, ou un fort contraste hydrique.
  • Le pissenlit : lorsqu’il est dominant, il signale un engorgement en matières organiques et un fort compactage.
  • Le pourpier potager : signale un sol à faible pouvoir de rétention, un tassement et un compactage du terrain.
  • Le bouton d’or : est signe de sol acide, humide et argileux.
  • Le mouron blanc : indique quant à lui un bon équilibre et une bonne minéralisation des sols !