Dimanche matin, 9 h 12. Le semblant de grasse matinée que vous vous êtes octroyé est délicieusement interrompu par l’odeur enivrante de café fraîchement moulu, rehaussée d’un effluve de pain grillé. Vous vous levez, cheveux froissés par l’oreiller et pyjama tentant désespérément de rester au-dessus de la ligne fatidique de vos reins, malgré l’élastique détendu.

Oeuf à la coque, ponte du matinLa table est prête : une tasse, un jus et, trônant fièrement au milieu de la nappe, votre œuf à la coque, où les mouillettes viendront bientôt délicatement plonger.

Vous vous y voyez déjà, vous, votre moitié et vos œufs tout juste pondus ?

Grand bien vous fasse, ce scénario est alléchant, mais possible qu’à une seule condition : avoir installé Cocotte, Minute et Framboise au fond du jardin !

Êtes-vous prêt à accueillir vos futures pensionnaires ? Avez-vous la place nécessaire pour qu’un poulailler ne prenne pas la moitié de votre terrain ? Voilà les 5 questions à vous poser avant d’envisager l’œuf à la coque du dimanche matin !

Quel espace faut-il pour adopter des poules ?

La première chose à déterminer, avant d’adopter vos poulettes, est la taille du terrain que vous souhaitez allouer aux pondeuses.

Poule qui gambade à la maison

Assurez-vous de pouvoir offrir 20 m² à chaque poule, c’est le minimum requis pour le bien-être de vos gallinacées. Nombre de propriétaires sous-estiment ce besoin et se retrouvent vite avec un enclos dépourvu d’herbe où les poules se chicanent le moindre coin de verdure, n’hésitant pas à questionner la hiérarchie à coup de bec.

Est-il utile de mentionner l’état sanitaire dans lequel vos poules risquent de se retrouver ? Une surpopulation reste une porte d’entrée idéale pour les poux rouges, l’enfer des poulaillers.

De plus, à force de faire leurs excréments dans le terrain et de picorer dedans, les maladies et autres infections n’auront qu’un pas à faire. Ah, il est loin l’œuf du dimanche matin dans ces conditions ! L’idéal sera, bien sûr, de laisser l’accès libre à la totalité du jardin, mais ce n’est pas sans danger…


Êtes-vous prêt à sacrifier votre potager et vos plantes d’ornement ?

Si vos poules sont destinées à rester dans leur enclos, prévoyez tout de même de leur ouvrir la porte de temps en temps, histoire d’aller farfouiller la terre en quête d’un ver de terre.

Poule dans le potager

Mais si vous avez un jardin tiré à quatre épingles, à l’anglaise, préparez-vous au massacre ! Les poules vont gratter tout ce qui ressemble à de la terre, à du sable : oubliez vos paillages en coco ou en écorces de pin.

Elles vont grimper dans le pot où grandit votre magnifique palmier depuis des années et faire leurs besoins sur votre paillasson. Vous l’aurez compris : clôturez tout ce qui doit être abrité. Grillagez votre potager, délimitez votre terrasse.


Aurez-vous un peu de temps à consacrer à vos poules ?

Cocotte, Minute et Framboise adoreront votre compagnie. Prévoyez d’aller les voir chaque jour, ne serait-ce que pour vérifier si tout va bien. Au-delà de votre petit tour quotidien, un poulailler nécessite d’être nettoyé environ tous les 10 jours, le délai étant raccourci en hiver où elles y passent plus de temps.

Poulailler

Renouvelez le foin ou la paille et vérifiez régulièrement si des poux n’ont pas élu domicile dans des interstices. Serez-vous prêt à affronter vent, pluie et froid l’hiver quand il faudra leur recharger les mangeoires de graines ? Il n’est pas non plus impossible qu’une de vos poulettes tombe malade.

Aurez-vous la disponibilité pour lui apporter les soins qu’elle demande ? Ce sont des animaux relativement rustiques, mais il n’est pas rare de devoir soigner une blessure ou administrer un médicament.

Pensez qu’il vous faudra également prendre un temps tous les matins et tous les soirs pour ouvrir et fermer leur poulailler, les prédateurs rôdent la nuit.


Comment choisir votre poule ?

Pour commencer, mieux vaut vous tourner vers des races rustiques (Sussex, Marans, …) plutôt que vers des races dites d’ornement. Plus faciles à élever, elles vous permettront de vous familiariser en douceur.

Bien choisir ses poules

Vous serez certainement tenté par l’adoption de poules réformées, ces cocottes de 18 mois ne sont plus intéressantes pour les éleveurs qui les cèdent à petit prix plutôt que de les amener à l’abattoir.

Ce n’est pas l’idéal pour débuter. Souvent très stressées, ces poulettes ont besoin d’un propriétaire qui connaît déjà bien le fonctionnement des poules. Réservez ce beau geste pour plus tard, quand vous maîtriserez mieux l’élevage.

Dans tous les cas, choisissez une poule vive, au beau plumage et à la crête bien rouge, signes qui témoignent d’une santé de fer.


Est-ce que ça coûte cher d’élever des poules ?

Un seau de graines, de l’eau, quelques bottes de paille et vous voilà prêt à rendre vos poulettes heureuses ! En plus de réduire vos déchets, les poules ne nécessitent pas un budget extraordinaire.

Ramasser des oeufs frais

De plus, si vous avez une surproduction d’œufs, vendez-les pour quelques euros à vos voisins, le blé et le foin ne vous coûteront rien. Hormis l’investissement de départ (poulailler, grillage), élever des poules ne devrait pas causer de trous dans votre portefeuille. Le plaisir d’aller chercher les œufs tout frais chaque jour avec votre panier sera très vite rentabilisé.