D’emblée, tournons-nous vers l’étymologie pour comprendre de quoi il retourne derrière ce terme bizarre : mycorhize vient du grec « mykès » qui signifie « champignon » et « rhiza » pour la racine.

Nous allons donc parler de champignons (mais pas ceux qu’on ramasse dans les bois en automne !) et de racines de plantes, des arbres fruitiers aux légumes du potager.

La mycorhize, c’est quoi exactement ?

Racines plantesPour faire simple, la mycorhize est une association, un mariage, une symbiose entre des champignons et des racines.

Tout se passe donc sous terre entre deux partenaires qui mettent en adéquation leurs cellules pour créer un phénomène, la mycorhize.

Bien évidemment, le champignon et les racines tirent parti de cette symbiose et y trouvent, chacun à leur échelle, et à travers les échanges réciproques qui s’opèrent, de quoi satisfaire leurs besoins.

Si ce phénomène n’a rien de nouveau, puisqu’il est totalement naturel, ce sont les connaissances des scientifiques qui ont évolué.


La mycorhize, un échange de bons procédés

Mycorhization

L’espace de culture devient une vaste agence de rencontre entre les spores des champignons et les racines des plantes. Les filaments de ses champignons discrets sont microscopiques et ne sortent jamais de terre.

Quand tout va bien le mariage entre la plante et le champignon est rapidement consommé. Le champignon pénètre la racine jusque dans ses cellules. Une fois à l’intérieur, il se ramifie. C’est la fameuse mycorhize arbusculaire, le comptoir d’échange le plus efficace sur terre.

Si le principe de la mycorhize est acquis, voyons à présent comment il se met concrètement en place :

  • Le champignon, présent dans le sol, germe et développe un réseau de filaments, également appelés hyphes, autour des radicelles
  • Ces hyphes pénètrent dans les cellules des racines (sans leur porter préjudice!) et forment un tissu dense, communément nommé mycélium
  • Le réseau des hyphes se développe très rapidement et très profondément dans le sol. Avec la mycorhize, c’est un peu comme si le système racinaire était prolongé. Il gagne ainsi en efficacité
  • En explorant et en s’insinuant loin dans le sol, les hyphes ont accès à plus de nutriments tels que l’azote, la potassium ou du phosphore et plus d’eau, qu’elles transmettent aux racines
  • En échange, la plante ou l’arbre fournit au champignon les sucres (fabriqués grâce à la photosynthèse) dont il a besoin pour sa croissance.

La boucle est bouclée et le cercle vertueux mis en place. Et ce pour le plus grand bien des végétaux mais aussi du sol. En effet, les bénéfices de la mycorhization sont multiples.


Les avantages de la mycorhization pour le sol

La mycorhize se définit donc comme une association, une coopération mutuelle, un partenariat rentable puisque les deux éléments, plante et champignon, y trouvent leur compte.

Concrètement, quels sont les avantages pour chacun, sachant que le sol tire aussi un bénéfice de ce mariage réussi :

  • La plante ou l’arbre accède à plus d’eau et plus de nutriments. L’absorption de cette eau et de ces nutriments, en particulier azote et phosphore, est facilitée. Les plantes sont ainsi plus résistantes à la sécheresse
  • Les champignons forment une barrière protectrice contre les polluants du sol qui ne pénètrent pas les racines
  • Grâce au réseau d’hyphes, c’est-à-dire les filaments fongiques, le sol est plus aéré, moins compact, plus stable. L’érosion est moins importante et la rétention d’eau meilleure
  • La terre est plus riche en humus et en nutriments. Ce qui permet de nourrir les plantes et ainsi de diminuer les apports d’engrais naturels ou chimiques
  • Dans une terre riche, la microfaune et tous les micro-organismes trouvent de quoi satisfaire leur appétit. Ils sont présents dans le sol, et donc très utiles pour les végétaux. La mycorhize favorise donc la biodiversité
  • La mycorhize joue un rôle considérable sur la rentabilité du potager. Les fruits et légumes sont plus gros et plus savoureux, la production bien meilleure
  • La mycorhize augmente la résistance des plantes, qui, en bonne santé, luttent plus facilement contre les maladies, le stress, les attaques de ravageurs

Dans quelles situations faire appel à la mycorhize ?

On n’ajoute pas des mycorhizes partout et n’importe comment ! En effet, les mycorhizes sont utiles dans certaines situations :

  • Dans les sols épuisés par les cultures intensives ou l’utilisation d’engrais chimiques
  • Dans une terre naturellement pauvre, que ce soit celle du potager, du verger ou des massifs. Les jardins de ville sont aussi souvent très pauvres car constitués de remblais
  • Pour les sols des serres
  • Pour le substrat des plantations en pot, extérieures et intérieures
  • Pour le terreau des potagers au carré, les potagers surélevés, les potagers en tissu ou les potagers sur pied où la terre s’épuise vite
  • Dans toute terre de potager, au moment du semis ou du repiquage
  • Au pied d’arbres ou d’arbustes vieillissants

Donc, de nombreux végétaux peuvent bénéficier d’un apport de mycorhizes, des plantes annuelles aux vivaces, des légumes du potager aux fruits du verger, des arbustes d’ornement aux arbres, sans oublier les rosiers, les plantes d’appartement, les bonsaïs…

Au potager, certaines plantes comme les légumineuses ou les carottes sont très dépendantes de la mycorhization. En revanche, d’autres sont non mycorhiziennes. Il s’agit des Brassicacées (choux, navets, radis, moutarde…), les Chénopodiacées (épinards, betteraves, blettes, quinoa…) et les Polygonacées (rhubarbe, oseille…)

Quand et comment mycorhizer une plante ?

 Poudre d'enracinement des champignons mycorhiziens
Poudre d’enracinement des champignons mycorhiziens
Aujourd’hui, on trouve des mycorhizes présentées et conditionnées sous forme de poudre à diluer dans l’eau d’arrosage, ou à saupoudrer au pied des végétaux.

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Il existe également des terreaux spécifiques pour le potager, les arbres et arbustes, le gazon…enrichi en mycorhizes.

Ces mycorhizes peuvent être utilisées soit à la plantation, soit au pied de végétaux installés depuis longtemps.


Les mycorhizes au moment de la plantation

Cet apport de mycorhizes se fait en une seule et unique fois sur les végétaux. Il est donc inutile de renouveler l’opération. Après l’ajout de mycorhizes, il faut arroser et surtout de jamais ajouter des engrais qui risquent de tuer les mycorhizes. Cet apport concerne :

  • Les arbres, arbustes, fruitiers et rosiers à racines nues qui se plantent de novembre à mars : il suffit de mettre les mycorhizes sur les racines après le pralinage
  • Les plantes vendues en godets, mini-mottes, pots ou containers : les mycorhizes sont déposées au fond du trou de plantation
  • Lors du rempotage des plantes d’appartement ou d’extérieur
  • Lors du semis : il suffit de mélanger les mycorhizes au substrat ou d’utiliser un terreau mycorhizé

Pour les végétaux déjà plantés

Il est plus difficile de mycorhizer des plantes déjà installées mais cet apport reste possible. Il faut simplement creuser des trous à l’aplomb du feuillage (pour ne pas blesser les racines) et d’y déposer les mycorhizes