Sur les rosiers, les marguerites ou les lavandes, il n’est pas rare d’observer une mousse blanche, semblable à de la bave.

Appelé « crachat de coucou » ou plus poétiquement « écume printanière », cette sécrétion est due à un petit insecte piqueur et suceur : la cicadelle écumeuse, également nommée cercope. Rassurez-vous, il est facile de s’en débarrasser !

Qu’est-ce que la mousse blanche ou écume printanière?

Écume printanière

Cette mousse blanche n’est autre qu’un amas de bave protectrice, assez proche visuellement d’un jet de salive, souvent appelé « crachat de coucou » (Allez savoir pourquoi puisque le coucou, oiseau solitaire voleur de nids, n’est en rien responsable de cette bave !). Le responsable se nomme la cicadelle écumeuse.

Origine et processus de formation

Cicadelle écumeuse
Cicadelle écumeuse. Crédit photo @ P. Budin
La cicadelle écumeuse, également appelée cercope des prés, membre de l’ordre des Hemiptères, est un insecte sauteur, piqueur et suceur de sève grâce à son rostre.

Les « excréments » qu’elle rejette constituent cette écume printanière, tout à la fois liquide et mousseuse. Pour lui donner cet aspect vaporeux, la larve y pulse en fait de l’air.

Les larves de cicadelles trouvent refuge dans cette bave pour se protéger des prédateurs. De même, elle leur assure une bonne hydratation, et une isolation thermique confortable.

Les plantes ciblées par les cicadelles

Écume printanièreCe « crachat de coucou » apparaît en général entre les mois de mai et septembre sur les tiges ou les feuilles des plantes herbacées ou ligneuses, les graminées, les arbres et les arbustes.

Ainsi, les rosiers, les marguerites et les lavandes sont communément touchés, tout comme les ronces, les arbres fruitiers, les genets, les phlox, les Solidago (verges d’or), les asters et les chrysanthèmes, les roses trémières, les saules, les charmes, les mûriers…Il n’y a que les résineux qui ne l’intéressent pas !

Les cicadelles se propagent vite de par leur capacité à sauter et s’avèrent de moins en moins difficiles quant au choix des végétaux où s’installer !

Femelle cicadelle qui sécrète une forme de bave ou de mousse aussi connue sous le nom de "Crachat de coucou".
Femelle cicadelle qui sécrète une forme de bave ou de mousse aussi connue sous le nom de “Crachat de coucou”. Crédit Photo @ P. Budin
Bulles qui forment la mousse en gros plan
Bulles qui forment la mousse en gros plan

L’impact de l’écume printanière sur les plantes

Ces « crachats de coucou » en eux-mêmes ne sont pas très impactants pour les végétaux. En revanche, les piqûres le sont un peu plus.

Mousse ou bave blanche sur de la menthe
Mousse ou bave blanche sur de la menthe

Les effets sur la santé des plantes

Lorsque les cicadelles, adultes ou larves, s’installent sur une plante, elles le piquent pour en sucer la sève. Ces piqûres se remarquent aux petits points jaunes, bien visibles sur les feuilles.

En parallèle, l’écume printanière est sécrétée par les larves, mais elle n’a guère de conséquences pour les plantes.

Cicadelle

En cas de forte infestation, la plante peut s’affaiblir, stopper sa croissance et parfois mourir. La cicadelle peut aussi être vectrice de maladies bactériennes. Mais généralement, cette mousse n’est gênante qu’esthétiquement parlant.


Prévention et traitement

Se débarrasser de ces cicadelles est assez simple : il suffit d’arroser les plantes infestées avec un jet d’eau relativement puissant. Pour les plus récalcitrantes, une pulvérisation d’eau additionnée de savon noir peut être efficace. C’est le même traitement que celui utilisé contre les pucerons.

Cicadelle dépose la mousse blanchâtre sur une plante
Cicadelle dépose la mousse blanchâtre sur une plante

Pour autant, comme l’adage « mieux vaut prévenir que guérir » est également de mise pour les cicadelles, vous pouvez aussi favoriser la biodiversité dans votre jardin. Les cicadelles ont en effet des prédateurs naturels, à savoir les mésanges bleues, les coccinelles et les lézards.

Il suffit parfois d’installer un nichoir, d’empiler quelques pierres sèches, de laisser un tas de bois, de construire un hôtel à insectes, ou de semer une prairie fleurie et quelques orties où les coccinelles aiment pondre. Et surtout de bannir les produits phytosanitaires