L’hiver est certainement une des saisons les plus difficiles pour les plantes. Certaines, non rustiques, n’y résistent d’ailleurs pas. D’autres, moyennement rustiques, ont besoin d’une protection hivernale. En revanche, d’autres plantes s’adaptent au froid et au gel en déployant des stratégies.

L’hiver, une étape obligée pour de nombreuses plantes

La rusticité d’une plante désigne sa limite de résistance au gel. Au-delà de cette limite, la plante meurt.

On qualifie donc les plantes de rustiques (inférieures et égales à – 15 °C), moyennement rustiques (jusqu’à – 10 à – 12 °C) et frileuses (en dessous de – 5 °C).

Plante gelée par le froid hivernal
Plante gelée par le froid hivernal – Crédit : wirestock / Envato

Certaines plantes vont donc différemment résister au froid et au gel de l’hiver. Pour autant, cette période froide est primordiale pour les plantes rustiques car elle est souvent synonyme de dormance et de repos végétatif.

En hiver, les plantes entrent en veille afin de reconstituer leurs réserves énergétiques pour assurer leur floraison et leur fructification. La sève descend et la croissance est ralentie voire stoppée.

De même, elles s’adaptent relativement bien au froid car il ne survient pas subitement. On passe en effet par le mode “automne” qui est une période de transition.

Les plantes les plus résistantes au froid hivernal

Pour résister au froid et au gel, les plantes adoptent différentes stratégies.


Les plantes qui perdent leurs feuilles

Les plantes vivaces, les arbustes et les arbres caducs sont nettement plus robustes face au froid car ils perdent leurs feuilles. Ainsi, leurs besoins en eau sont limités, tout comme les risques de gel.

En effet, des feuilles pleines de sève seraient fragiles et gèleraient, ce qui entraînerait l’éclatement des cellules. Quant aux bourgeons, ils se protègent sous des écailles qu’ils développent en automne.

Ainsi, tous les arbustes à feuillage caduc (seringat, weigelia, amélanchier, forsythia, spirée, physocarpus…), et les arbres caducs (érable, charme, bouleau, catalpa, noyer…) résistent mieux au froid.

Certaines espèces (hêtre, chêne…) ont un feuillage marcescent qui reste sur l’arbre pour y sécher. Ces feuilles ne tombent qu’au printemps quand arrivent les nouvelles pousses.

Et pour les plantes vivaces, il ne reste souvent que la souche, les feuilles disparaissant totalement. Il s’agit des plantes comme les ancolies, les asters, les astrances, les coreopsis, les hostas…


Les plantes persistantes au feuillage coriace

Lorsque les plantes sont persistantes, leur feuillage est particulièrement épais et coriace, et plutôt de petite taille.

Le feuillage est aussi souvent vernissé et lustré et d’un vert assez sombre. Ainsi, une plante au feuillage vert clair ou panaché sera moins résistante au froid.

Rhododendron en hiver
Rhododendron en hiver – Crédit : RomanBeliakov / Envato

Parmi ces végétaux, on peut classer des arbustes comme le photinia, le laurier-tin et le laurier du Portugal, l’osmanthe, le fusain, le camélia, le rhododendron, le houx, le cotonéaster…ou des arbres comme l’arbousier, le cyprès, le bambou…


Les plantes bulbeuses ou rhizomateuses

Par définition, les bulbes, les rhizomes ou les tubercules sont des organes de réserve des plantes. Enfouis dans le sol, ces bulbes et rhizomes sont à l’abri du froid et du gel.

Il existe de nombreuses plantes à bulbes (tulipes, narcisses, jacinthes, scilles, crocus…) ou à rhizomes (les hémérocalles, le muguet, l’iris, le canna…) qui résistent à des températures très basses.


Les plantes à la végétation basse

Certaines plantes vivaces dites chaméphytes développent des bourgeons dormants relativement bas à moins de 30 cm du sol. Donc ils sont moins en prise avec le froid.

Parmi ces plantes, on trouve le thym, la lavande, le romarin…

D’autres plantes sont appelées hémicryptophytes, c’est-à-dire que leurs bourgeons se trouvent au ras du sol. On peut citer la pivoine, la pâquerette…