Vaste sujet que je vais essayer de traiter aujourd’hui! Mais soyez prévenu, vous ne trouverez pas de solution clé en main, prête à l’emploi ici. Nous allons lister ensemble des questions à vous poser avant de commencer, des pistes pour en tirer les bonne décisions et pourquoi pas faire naitre quelques vocations

Pourquoi faire un potager

C’est sans doute la question de base à se poser lorsque vous souhaitez débuter. On parle bien ici de quelles sont vos motivations? Pourquoi désirez-vous cultiver vos propres légumes. La (ou les) réponse(s) devrait(ent) être assez facile à trouver! Si vous n’en avez pas il vaudrait peut-être mieux repousser votre projet à plus tard, sans un réel but il risquerait de se transformer en échec…

Manger ses propres légumes

Voilà une première bonne motivation, et pour plusieurs raisons! En effet, le goût de légumes qui ont pris le temps de mûrir au soleil n’a rien à voir avec ceux forcés “artificiellement”. Lorsque vous goûterez votre première tomate, vous comprendrez de quoi je veux parler ;).

Une botte de radis
Rien ne vaut des légumes fraichement récoltés!

De plus, on ne compte plus les scandales alimentaires ou phytosanitaires (fruit et légumes contenant des traces de pesticides interdits, bactéries suspectes dans d’autres…) ou les différences de réglementation entre les différents pays. Donc sans même parler de Bio, il est intéressant de savoir comment ce que vous mangez a été cultivé et ainsi réduire (voire faire disparaitre) les risques.

Ses enfants!

Hormis la facette “bien manger” abordée dans le paragraphe précédent, c’est surtout des vertus pédagogiques que je parle. Vous le savez sans doute, mais je suis convaincu que le potager peut servir de support d’éducation pour les enfants. On peut facilement imaginer qu’il permette d’expliquer d’où provient ce que l’on mange, mais on peut aussi aller plus loin avec un peu de créativité, des travaux manuels aux mathématiques en passant par la biologie!

Faire des économies

C’est un sujet que j’avais déjà abordé, et pour faire court ma conclusion avait été que le potager ne fait pas forcément faire des économies. Pour ma part je suis même persuadé que ce n’est pas le cas. C’est donc un motif que je classerais dans les “mauvaises raisons”. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit! Je suis tout à fait convaincu qu’il est possible de faire des économies substantielles, en valorisant sont jardin! Mais ceci nécessite une rigueur, une organisation, des calculs, des efforts… que tout le monde n’est pas forcément prêt à consentir.

Faire des économie avec un potager
Faire des économies avec un potager?

Pour le plaisir

Et oui, n’en déplaise à certains, le jardinage ne fait pas plaisir qu’aux retraités! Tout le monde peut y trouver du bien-être, de la détente, un moment de relaxation… bon d’accord j’arrête là!
C’est sur que pour entretenir sa ligne ce n’est sûrement pas aussi efficace que le jogging ou le vélo! Mais cultiver son potager n’en est pas moins une activité de plein air, qui vous permettra de déstresser et de vous changer les idées. Qui plus est, la récolte de vos propres légumes est vraiment gratifiante avec le fameux effet du “c’est moi qui l’ai fait!”.
C’est d’ailleurs le credo de Claude Bureaux, que j’ai eu la chance de rencontrer au salon de l’agriculture : “Le potager doit rester un plaisir“.

Comment faire son potager

On ne va pas aborder de technique ici, mais toujours l’aide à la décision, quelle forme choisir, avec quels critères…

La forme du potager

Vaste sujet que les styles de potagers. Je ne vais pas vous présenter un tableau exhaustif détaillant les avantages et inconvénients de chaque méthode. Pour ce chapitre, l’essentiel est selon moi de faire preuve de bon sens et de dresser sa liste de vos priorités.
Prenons par exemple trois différents types de potager:

  • Le potager en carrés surélevés à le vent en poupe et est très à la mode depuis quelques années. Il est esthétique, assez productif, ergonomique, la terre se réchauffe plus rapidement, mais attention il n’est pas exempt de défaut. Il nécessite du temps pour le construire, il faut trouver de la terre pour le remplir, sa planification optimale est parfois complexe et il a tendance à se dessécher plus vite.
  • Un potager traditionnel sera plus productif et plus vite installé, mais nécessitera plus de place, sûrement plus d’entretien et vous ne pourrez que très peu changer les caractéristiques de votre terre
  • Un potager en bute ou lasagne demandera moins de travail, les légumes pousseront plus rapidement et vous recyclerez un maximum de vos déchets, mais il aura du mal se faire une place dans un jardin d’agrément, si vous n’avez pas assez de déchets ou de compost, il faudra vous en procurer.
Potager en carrés
Le potager en carrés s’intègre bien dans un jardin

Le potager idéal est donc sûrement un mélange de plusieurs méthodes, mais je pense que vous devriez trouver dans vos critères celui qui est le plus important, et ainsi faire un choix.

Les légumes

Première remarque qui peut paraitre évidente: Commencez par faire une liste des légumes que vous n’aimez pas ou que vous n’utilisez pas et évitez de les planter dans vote jardin! En effet, semer puis repiquer des piments si vous ne mangez pas épicé va vous demander du temps, de l’espace, un peu d’argent. Au final, au mieux, vous donnerez votre production à votre entourage au pire, vous la jetterez. Alors je suis d’accord que certains fruits et légumes sont attractifs (je suis le premier a être atteint par le syndrome de la collection), mais essayez de restreindre vos envies en fonction de vos besoins.

Une bonne récolte de navets
Les navets ne sont pas très exigeant et s’installeront presque partout

D’autre part, les plantes que vous choisirez vont aussi conditionner l’emplacement de votre potager (ou inversement). Je m’explique: des aubergines demanderont beaucoup plus de lumière (et de chaleur) que des laitues, vous comprenez ainsi que l’orientation de votre jardin aura une influence sur les légumes “cultivables”. Pour être tranquille, préférez donc la partie la plus ensoleillée de votre terrain pour le potager (il sera plus facile de faire de l’ombre que de déplacer le soleil :-)).
Enfin, tous les légumes n’auront pas les mêmes exigences de sol. Il va être compliqué de réussir des carottes dans des bacs peu profonds ou des potirons dans une terre pauvre, il faudra donc soit choisir des légumes adaptés soit le bon type de potager et/ou améliorer son sol (en ajoutant du compost, en l’aérant…)

Mon cas pratique

Pour changer, je vais vous parler un peu de moi :-), en déroulant la démarche de la création de mon potager, quels sont les choix que j’ai faits et pourquoi.

Le commencement

Pour être franc, je ne me suis pas vraiment posé de question! Mes parents avaient un potager, mes grands-parents également, c’est donc tout naturellement que, dès que j’ai eu un bout de terrain à disposition, je me suis mis au jardinage. Je savais aussi à l’avance que j’aimais ça, et que le goût des légumes “maison” est incomparable (je vous garantis ça :)).
La motivation a encore décuplé après la naissance de ma fille, résultat: l’agrandissement du potager pour incorporer un maximum de légumes maison dans ses repas.
Le critère économique n’est jamais rentré en ligne de complet, j’ai la chance de ne pas devoir compter uniquement sur mon jardin pour me nourrir, pour moi le plaisir prime!

Potager en carrés rectangulaire
Agrandissement du potager

Quel potager?

Mon terrain est assez petit et en ville, il est surtout un jardin d’agrément et devait également conserver son côté esthétique malgré la création du potager. Exit les lasagnes ou butes (me femme n’aurait pas compris :)). L’idée était plus celle des jardins à la française, des délimitations en buis ou fruitiers palissés, des allées…
Je ne voulais pas non plus que la taille restreinte de ma propriété soit un frein à la culture de multiples variétés. Hors de question donc de planter plusieurs rangées de patates ou de pois.
C’est à ce moment que les potagers hors sols refaisaient parler d’eux avec notamment la technique du potager en carrés de l’américain Mel Bartholomew. Voilà j’avais trouvé la forme de mon potager: 4 carrés surélevés en bois entourés d’allées en gravillons.

 

Je pense en toute objectivité que rien ne vaut l’expérience. Si vous pouvez vous permettre des échecs, que votre potager n’est pas votre seule source de nourriture, n’ayez pas peur de faire de tests. Votre jardin n’est pas celui de votre voisin! Chaque variété a ses propres atouts et faiblesses, à vous de déterminer celles qui correspondront le mieux à votre environnement. Surtout ne perdez pas de vue, que le bon sens permet de répondre à beaucoup de questions! Bref je ne pense pas qu’il y ai beaucoup de vérités générales, mais surtout des astuces, des bonne pratiques… qui pourront ou non fonctionner selon votre terre, votre climat, votre exposition, votre région, vos attentes… (je vous avez prévenu, pas de solution clé en main aujourd’hui :)).

Je vous donne maintenant la parole, où en êtes-vous dans votre projet de potager? Vous posez-vous encore des questions? Cultivez-vous déjà vos légumes? Quels ont été vos motivations, vos choix? Laissez-moi un petit commentaire pour raconter votre histoire.