Publié le 15 juin 2023 par Nicolas.

D’emblée, faisons une mise au point. L’abeille solitaire n’est pas l’abeille sociale qui nous offre généreusement son miel. Derrière cette abeille d’une grande discrétion, également appelée abeille maçonne, se cache l’osmie. Et je suis certain que vous l’avez déjà aperçue, rentrant subrepticement dans un trou de fenêtre !

Apprenons à connaître, à préserver et à observer cette abeille, essentielle pour la pollinisation des fruitiers.

Les abeilles solitaires et sauvages : une brève présentation

Hyménoptère de la famille des Mégachilidées, l’osmie (Osmia) est une cousine de l’abeille domestique. Il en existe évidemment de nombreuses espèces dont l’osmie cornue ou l’osmie rousse, les plus répandues.

Osmia andrenoides

Assez facile à reconnaître, cette abeille solitaire possède une tête et un thorax noirs et velus, et un abdomen roux doté de poils qui lui permettent de récolter le pollen. Car là est son principal rôle !

L’osmie est une abeille pollinisatrice, malheureusement de moins en moins présente dans les campagnes. Il y a donc urgence à les préserver ! D’autant qu’elle est totalement inoffensive et non agressive


Une courte vie pour assurer sa descendance

Osmie dans le nichoir

Dès sa naissance, l’abeille solitaire est programmée pour procréer. Les mâles sortent les premiers des loges aménagées par leur mère, et attendent patiemment la naissance des femelles.

Dès que celles-ci s’éveillent au monde, ils leur sautent dessus pour les féconder. Dès lors, commence, pour les femelles, une courte mais dure vie de labeur.

Elles partent à la recherche de cavités cylindriques dans lesquelles elles vont construire (maçonner avec de la terre glaise) des loges où elles pondront leurs œufs.

Abeille solitaireEt comme ces abeilles ont la faculté de sexer leurs œufs, elles pondent les œufs femelles au fond, les œufs mâles devant.

Dans chaque loge, elles déposent une boulette constituée de nectar et de pollen pour nourrir les futures larves qui resteront environ 10 mois dans leur interstice.

Au final, ces abeilles femelles passent plus de 14 heures par jour en vol à multiplier les allers et retours entre les fleurs et leur nichoir. Une fois leur descendance assurée, elles meurent, tout comme les mâles. Mais une nouvelle génération se prépare.


Le rôle essentiel des abeilles solitaires

Les osmies sont les premiers insectes pollinisateurs à sortir de leur nid. En effet, ces abeilles sauvages émergent de leur torpeur hivernale dès la fin février.

Abeille pollinisatrice

Et jusqu’en avril, elles n’auront de cesse de butiner les premières fleurs pour nourrir les futures larves dans les loges de ponte. Et par là même, elles participent à la pollinisation de plusieurs espèces végétales.

En tant que phytophages, les osmies sont particulièrement attirées par les arbres fruitiers, et en particulier les plus précoces comme les amandiers.

Elles apprécient aussi les fleurs des cerisiers, des pruniers, poiriers et pommiers, mais aussi les inflorescences des églantiers, des ronces et des aubépines, des arbustes indigènes indispensables à la survie des oiseaux, des saules, de l’acacia, du mimosa…et au potager des fabacées comme les fèves


Le rôle écologique des nichoirs pour abeilles solitaires

Les osmies sont des maillons essentiels de la pollinisation de nombreuses espèces de végétaux.

Pour autant, les abeilles solitaires et sauvages disparaissent de nos campagnes. En cause : les pesticides, herbicides et tous les produits phytosanitaires utilisés dans le cadre d’une agriculture intensive, mais aussi la destruction des haies bocagères où les abeilles solitaires nidifiaient.

Un hôtel à abeille en bois d’aulne et de bambous

Nichoir ou hôtel à abeille

Si vous n’avez ni le temps, ni l’envie de fabriquer votre propre nichoir à abeille, découvrez cet hôtel spécialement conçu pour accueillir vos pollinisateurs préférés.

En plus d’être décoratif, il vous permet d’offrir un abri tant recherché par les abeilles solitaires. Cerise sur le gâteau, vous pourrez les observer œuvrer à leurs tâches quotidiennes.

Voir l’hôtel à abeille

C’est pourquoi, pour pallier la raréfaction de ces abeilles, il est primordial de leur fournir des abris où elles pourront pondre leurs œufs.


Guides des différents types de nichoirs pour abeilles solitaires et sauvages

En termes de nichoirs, l’osmie n’est guère difficile. Il lui faut simplement un abri cylindrique suffisamment profond pour contenir une dizaine de loges, et bouché à une extrémité.

Différentes solutions s’offrent à vous pour leur procurer un nichoir adapté à leurs besoins.


Un fagot de tiges creuses comme nichoir

De nombreuses osmies établissent leur nid dans des tiges creuses ou des tiges à moelle au diamètre inférieur à 10 mm.

Fagot de tiges creuses dans une boîte de conserve
Fagot de tiges creuses dans une boîte de conserve.

Il suffit de confectionner un petit fagot d’une dizaine de tiges longues d’environ 20 cm, réunies par une ficelle, et de le suspendre dans le jardin à l’abri des intempéries. Vous pouvez aussi utiliser une boîte de conserve pour contenir les tiges. Pour attirer des osmies d’espèces différentes, accrochez-les à l’horizontale ou légèrement inclinés.

3 fagots de tiges creuses

Pour fabriquer votre fagot, vous pouvez utiliser des tiges de bambous, de roseau, de canne de Provence, mais aussi d’hydrangea ou de deutzia, conservées lors de la taille. Les tiges de sureau, de rosier, de framboisier ou de buddleia sont aussi idéales.

Fagot suspendu dans une boîte de conserve

Une bûche de bois percée comme refuge pour abeilles

La bûche percée de trous est aussi parfaitement adaptée. N’importe quelle essence de bois peut convenir, sauf le pin et le peuplier, trop tendres.

Bûche de bois percée pour accueillir les osmies

Percez-y des trous de différents diamètres de 8 à 12 mm et installez votre bûche à l’abri de la pluie.

Bûche de bois percée

Des briques creuses bouchées au mortier pour abriter les osmies

Les osmies apprécient aussi les briques creuses dont vous boucherez les trous avec un mélange de 2/3 de terre argileuse et 1/3 de sable. Prenez la précaution de laisser quelques petits interstices où elles pourront se glisser.

Nichoir brique

Un nichoir en terre battue pour abeilles solitaires et sauvages

Certaines abeilles solitaires nidifient dans la terre battue. Vous pouvez leur construire un nichoir dans une vieille caisse en bois ou un grand pot en terre cuite, enterré au ras de sol et rempli de terre battue. Il suffit ensuite d’y percer quelques cavités.

Nichoir en terre battue

Un nichoir pour les bourdons à ajouter

Tout comme l’abeille solitaire, le bourdon est un excellent et infatigable pollinisateur. Pourquoi ne pas leur offrir à eux aussi un abri pour leurs œufs ?

Nichoir à bourdons

Il suffit de prendre un pot en terre cuite percé et de l’enterrer dans le sol à l’envers en prenant soin de laisser affleurer à la surface le trou. Pour mettre toutes les chances du côté du bourdon, remplissez le pot de paille.

Je vous invite aussi à découvrir mon hôtel à abeilles design. De même, un simple hôtel à insectes peut attirer les abeilles solitaires, tout comme un jardin où règne la biodiversité.

Comment observer mes abeilles dans leur nichoir?

Les va-et-vient des abeilles solitaires lorsqu’elles pondent leurs œufs et remplissent les loges de pollen sont déjà très intéressants à observer. Mais vous pouvez aller plus loin :

  • Munissez-vous de tubes en verre de diamètres inférieurs à 12 mm
  • Percez des trous dans la bûche du diamètre et de la longueur des tubes
  • Glissez-y les tubes en verre et attendez qu’une abeille s’y installe

En enlevant temporairement le tube, vous pourrez observer la naissance des larves et leur nymphose.

Vous pouvez faire la même chose en installant les tubes dans une boîte munie d’une porte dans laquelle seront glissés les tubes transparents.

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