À quelques jours de la Sainte-Catherine (date à laquelle tout bois est censé prendre racine selon le dicton), nous entrons dans la période idéale pour la plantation de vos arbustes. Comme je vous l’avais présenté précédemment j’ai pour projet de marquer la limite entre le jardin d’agrément et le potager en carrés par un cordon de pommiers. Je vous propose de découvrir aujourd’hui la mise en terre et la formation des fruitiers.

La semaine passée j’ai fait l’acquisition de scions d’un an, bien moins onéreux que l’achat d’arbres déjà formés. Contrairement aux “doubles U” de mes poiriers, le cordon est assez facile à créer, je vais donc les réaliser moi-même (c’est à la portée de tous). Niveau variétés mon choix s’est porté sur un “belle de boskoop” et un “golden delicious” j’ai aussi un “crimson crisp” en stock je ne sais pas quel sort lui sera réservé pour le moment.

Préparation

Il y a quelques mois déjà j’avais tendu un câble à 40cm du sol, c’est lui qui va servir à guider les pommiers. Pour les premières années, il faudra aussi prévoir des tuteurs que je mettrais en place au moment de la plantation.

Tuteur pour les pommiers en cordons
Tuteur pour les pommiers en cordons

Plantation

Planter un arbre ne présente pas de grande difficulté, mais il faut respecter quelques étapes et conseils afin de ne pas compromettre ses chances de réussite. Je commence par creuser un trou d’une cinquantaine de cm de côté et profond de deux fers de bêche.

Plantation d'un pommier
Plantation d’un pommier

J’essaye de garder la terre “profonde” séparée de la terre de surface pour reboucher la cavité dans le bon ordre. Je profite également du trou pour placer un tuteur le plus solidement possible. Pour finir, j’enrichis le fond de la tranchée avec du terreau de plantation (si vous en avez sous la main, de la corne torréfiée est aussi un super amendement pour la reprise).

Trou de plantation pour un pommier
Trou de plantation pour un pommier

Une étape importante avant de placer l’arbre dans son trou est de procéder à un “pralinage” des racines. Deux options: soit réalisez votre propre mélange bouse, terre, compost et eau, soit une poudre déshydratée du commerce à laquelle vous ajouterez de l’eau. Le but étant de recouvrir les racines de cette mixture afin de favoriser leur reprise et surtout d’éviter qu’elles ne se dessèchent.

Pralinage des racines d'un pommier
Pralinage des racines d’un pommier

On approche du but, positionnez le scion dans son trou et vérifiez le dernier “détail” primordial! : Le point de greffe (une petite boule à la base de l’arbre) doit impérativement être au-dessus du niveau du sol. Si vous avez tout bon, rebouchez (si vous pouvez remettre la terre dans l’ordre c’est mieux) et tassez autour du pied.

Enfin, arrosez généreusement (même s’il pleut ou que le temps est humide) pour finir de compacter la terre.

Formation du cordon

Normalement, il faudrait attendre quelques mois après la plantation pour passer à l’étape de la formation. Ceci afin de laisser l’arbre s’enraciner bien droit pour commencer. Mes scions étant déjà assez gros j’avais peur qu’ils ne soient trop rigides au printemps j’ai donc procédé au tuteurage dans la foulée.

Formation d'un pommier en cordon
Mise en forme du cordon

Dans le cas d’un cordon simple (cet exemple), pas besoin de jouer du sécateur, il suffit de se servir de la flexibilité de l’arbuste en le repliant sur le fil qui ferra office de guide. Utilisez quelques liens souples pour le maintenir en place et l’affaire est faite.

Si vous souhaitez faire un cordon double, il faudra tailler à environ 40cm au-dessus de deux yeux. Ceux-ci formeront deux branches partant de chaque côté au printemps prochain. C’est elles qu’il faudra guider sur le fil.

 

J’espère donc avoir dès cet été une jolie délimitation végétale entre mon jardin et mon potager en carrés, et avec un peu de chance d’ici deux à trois ans une belle récolte de pommes!
À votre avis, que vais-je faire avec le dernier pommier qui me reste sur les bras pour le moment?